Dernière case...

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Un clin d'oeil à la vocation première de ce casier d'imprimeur qui m'a occupée pendant "quelques" mois...

D'abord, rendons à César ce qui est à César, ce n'est pas un casier d'imprimeur mais  une casse.

Un peu de culture générale...
La casse est un casier en bois destiné à contenir l’ensemble des caractères en plomb, d'une même fonte.
Elle est divisée en cases qu'on appelle des cassetins. Les dimensions et les emplacements de ces cassetins sont définis par la fréquence des lettres (donc, le nombre de caractères identiques) et la commodité d’accès. D'où le fait que certaines cases soient plus grandes que d'autres, ce qui est bien pratique pour varier les modèles de broderie qu'on met à l'intérieur...

 

Un peu d'histoire...

Les caractères mobiles en métal auraient vu le jour en Corée au XIIIème siècle.

L'imprimerie à caractères mobiles arrive en Europe au XVème siècle, avec Gutenberg qui crée, vers 1450, un ensemble de techniques : les caractères en plomb, l'encre grasse adéquate et la presse typographique (une presse à vis).
Ces techniques continueront à évoluer dans l'industrie jusqu'à l’apparition de la photocomposition dans les années 70.

 

 

Visite guidée d'une casse...

Le quart supérieur gauche recevait les lettres grandes capitales (A, B, C,...).
Le quart supérieur droit accueillait les caractères les moins utilisées, comme les lettres accentuées, les lettres doubles... et éventuellement, les lettres petites capitales (, ʙ, ,...).
La moitié inférieure de la casse recevait les lettres bas-de-casse (a, b, c,...), les chiffres, les espaces, les signes de ponctuation.

 

Le typographe composait ses textes ligne par ligne en disposant les caractères mobiles de gauche à droite, et tête en bas, dans un composteur permettant de respecter la largeur définie pour chaque ligne de texte. Quand une ou plusieurs lignes avaient été composées dans le composteur, elles étaient déposées dans la galée, une simple planche ou plaque de métal, munie d'un léger rebord sur deux ou trois côtés.

Une fois la galée remplie de toutes les lignes de la page à composer, l'ensemble de ces dernières, appelé alors un « paquet », était entouré de trois tours de ficelle, et transporté sur le marbre pour y recevoir, par le metteur en page, leurs derniers éléments (numéros de pages, notes, illustrations...) et d'être serrés dans un châssis. Ce châssis recevait en fait plusieurs pages, chacune étant séparée des autres par une « garniture », faite de morceaux de bois ou de plomb.

 

Je vous retrouve la semaine prochaine pour un dernier petit tour du casier dans son entier...

Pour celles et ceux qui sont en Charente, j'expose mon casier aujourd'hui aux

Puces des couturières de Saint Yrieix-sur-Charente, salle de la Combe

A tout à l'heure peut-être...
Bonne journée à tous

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